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Si le nouveau Palais des Congrès étonne souvent
par son architecture, peu de gens réalisent les
prouesses organisationnelles et techniques dont ont
du faire preuve l’ensemble des intervenants sur ce projet.
On n’agrandit pas un Palais des Congrès en plein
cœur d’une métropole et au-dessus d’une
artère routière vitale comme on construit un nouveau
bâtiment au milieu d’un champ.
Dans un milieu urbain aussi actif que celui du centre-ville
de Montréal, il s’agit avant tout de ne pas entraver
le trafic piétonnier et routier qui gravite sans cesse
autour de ce centre d’affaires. Les équipes de
construction ont dû ainsi apprendre à opérer
à l’intérieur d’un périmètre
assez restreint en minimisant l’impact que cela pouvait
avoir sur leur échéancier.
Pour venir compliquer les choses, les plans d’agrandissement
prévoyaient la construction d’une partie de l’édifice
au-dessus de l’autoroute Ville-marie. Il a fallu donc
dans un premier temps construire l’assise de l’édifice
en recouvrant une partie de l’autoroute. Puisqu’il
n’était pas question de fermer l’autoroute,
ne serait-ce que pour quelques jours, les travaux de recouvrement
ne pouvaient avancer qu’à certaines plages horaires
de la nuit. Il s’est rapidement avéré que
les moments les plus favorables aux travaux étaient les
nuits où le Canadien recevait au centre Molson!
Le respect de l’activité présente du lieu
de construction n’était pas la seule contrainte
à laquelle les promoteurs ont eu à faire face.
Encore fallait-il se montrer respectueux du passé. En
effet, rien n’aurait pu se faire sans une fouille
archéologique préalable de l’ensemble
du site de construction. La ville de Montréal et le ministère
de la Culture et des communications tenaient à s’assurer
que les sols sur lesquels le nouveau Palais allait reposer n’avaient
rien de plus à révéler. Bien que les archéologues
n’aient rien appris de bien nouveau, ce type d’initiative
démontre que la ville et la province de Québec
sont soucieuses de notre patrimoine urbain et prennent des mesures
concrètes afin de le préserver. Les promoteurs
ont également dû convaincre les autorités
que l’agrandissement du Palais allait s’intégrer
à son contexte urbain tout en le rehaussant. Bien que
ces procédures créent indubitablement des contraintes
supplémentaires pour les promoteurs et augmentent le
coût des projets, elles sont néanmoins essentielles
à la cohésion de notre paysage urbain et ne peuvent
être qu’applaudies.
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Malgré
ces défis de taille, le projet a progressé à
un rythme soutenu et a pu être achevé sans avoir
annulé ou même retardé une seule réunion
! Ce résultat est d’autant plus remarquable que
le Palais a reçu un nombre record de congressistes pendant
toute la période des travaux. Une communication continue
et claire entre les entrepreneurs et les clients semble avoir
été une des clefs de ce succès. Comme l’explique
Gérard Michaud, directeur de l’exploitation du
Palais des Congrès, «il faut que les responsables
du chantier respectent les besoins des clients, et qu'inversement,
les clients soient sensibles aux exigences du chantier. Il
est donc très important d'associer des représentants
du chantier aux réunions de production pour
que l'information circule et ainsi être en mesure de coordonner
les travaux du chantier et les activités du Palais. Il
est important de pouvoir toujours donner l'heure juste aux clients.»
La planification de la mise en œuvre a ainsi dû
être révisée de façon continue afin
de rester en phase avec les activités quotidiennes du
Palais des Congrès. Trois ans durant, le consortium GESPRO-BFC-DIVCO
et la Société Immobilière du Québec
ont du coordonner et contrôler de près un grand
nombre d’entreprises afin de s’assurer que l’agrandissement
du palais puisse se faire sans interrompre la bonne marche des
nombreux salons et conférences qui ont lieu tout au long
de l’année. L’approche clef en main qui a
été utilisée pour ce projet a grandement
facilité leur tâche. Selon Pierre Gauthier, directeur
des projets spéciaux à la Société
immobilière du Québec, «le principal avantage
[de cette méthode], c'est de pouvoir regrouper dans un
seul grand contrat tous les intervenants qui ont à travailler
sur le projet d'agrandissement : les professionnels, les entrepreneurs,
les fournisseurs, les sous-traitants. Toutes les personnes qui
y sont associées sont appelées à travailler
ensemble, ce qui crée une plus grande interaction
entre le design et la construction.»
Ce thème de l’intégration entre le design
et la construction n’est pas nouveau. Il tient à
cœur à de nombreux intervenants du « bas de
la chaîne » de l’industrie de la construction
en acier qui y voient l’opportunité de mieux servir
le haut de la chaîne et, en bout de ligne, le client.
Il a également été abordé lors du
Forum interprofessionnel
2003 de l’ICCA Québec. Sa mise en œuvre
lors de l’agrandissement du Palais des Congrès
va encore plus loin en démontrant qu’il y a un
réel avantage pour le client, l’architecte et l’ingénieur
à impliquer davantage l’ensemble des intervenants
tout au long du processus de planification et de construction.
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