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Quelques chiffres clefs

Coût du projet : 240 M$
Superficie totale : 120 000 m2
Espace d'exposition : 18 590 m2
Tonnage : 8 540 tonnes d'acier
Mise en service : 2003

Collaborateurs

Architecte : Le Consortium TDS inc. :
Les architectes Tétreault Parent Languedoc et assoc., Saia Barbarese Topouzanov Architectes, Aedifica
Consultant indépendant en architecture :
Hal Ingberg Arch.
Ingénieur en structure : Dessau-Soprin inc. (div. Bâtiments)
Entrepreneur : Le Consortium GBC inc.:
Gespro, Groupe Eacon, Divco
Propriétaire : Palais des Congrès de Montréal
Fabricant de la charpente : Mométal inc., Nico Métal inc., Constructions Proco inc., Structures Yamaska inc., Les Aciers Canam
Monteur : Montacier

 
 
 
         
 

Un palais qui a su prendre des couleurs…

On a beaucoup parlé des choix architecturaux qui ont présidé à l’agrandissement du Palais des congrès de Montréal. Les immenses espaces intérieurs et les parois désormais très colorées de l’édifice ont fait coulé beaucoup d’encre. Le magazine Canadian Architect y a même consacré une couverture et un article complet dans son numéro d’octobre. Il est vrai que les façades multicolores du bâtiment se démarquent nettement des designs qui constituent l’essentiel du paysage urbain canadien. Lorsqu’il s’agit d’un bâtiment d’affaire situé à un carrefour urbain où se rejoignent quatre quartiers on ne peut plus disparates, le choix peut paraître encore plus curieux.

Et pourtant, c’est peut-être précisément cette nécessité de créer un point de rencontre entre ces influences très diverses qui a conduit les architectes à composer cette mosaïque de couleurs audacieuses. La façade multicolore donnant sur la rue De Bleury évoque en effet à la fois la polyvalence du Palais qui réunit des conférences et des salons de toutes sortes et les multiples facettes de la ville de Montréal et de son héritage historique et culturel. Un style plus conservateur n’aurait fait justice ni au charme victorien du Vieux Montréal, ni aux ambitions avant-gardistes de Montréal. Sans parler de la contradiction avec le style du quartier chinois qui n’aurait pu être surmontée. Non, cette mosaïque de couleurs qui nous attire sensiblement vers le 21ème siècle et qui est à l’image de la diversité culturelle du Canada était incontestablement le type d’approche architecturale dont le Palais avait besoin.

Une fois passé l’éblouissement causé par les reflets roses, bleus et chartreuse de la façade donnant sur la rue De Bleury, on se rend compte, à y regarder de plus près, que les architectes ont su faire certains compromis et créer un palais dont les abords savent eux aussi faire preuve de diversité. Le côté faisant face à la rue St-Antoine est d’un style beaucoup plus sobre que son vis-à-vis plus coloré et met en avant de larges surfaces de granites s’accordant relativement bien avec les bâtiments historiques de style victorien et art déco. De même, la façade s’ouvrant sur la rue St-Urbain a conservé le style d’origine conçu par Victor-Prus.


 

Toutefois, les façades vitrées du Palais constituent sans l’ombre d’un doute la signature architecturale la plus remarquable de l’édifice. Par delà le concept de l’unité issue de la diversité, elles symbolisent l'échange, la communication et le passage, des thèmes parfaitement adaptés à la mission du Palais des Congrès. Même pour ceux que ce symbolisme laisse de marbre, ces immenses baies vitrées ont un caractère extraordinaire. Par une belle journée ensoleillée, les congressistes peuvent, entre deux conférences, admirer les larges taches de lumières qui recouvrent le sol, les escaliers mécaniques et les murs des gigantesques halles du Palais. Les tons nuancés des différentes couleurs évitent de donner au tout un air féerique tout en créant une atmosphère quelque peu irréelle.

Cette impression étrange qui s’empare de vous lorsque vous visitez le Palais des Congrès pour la première fois est renforcée par la taille exagérée des couloirs et des halles qui n’exhibent le plus souvent que la surface brute du béton et de l’acier. L’acier est à l’honneur avec de très nombreuses poutres et colonnes exposées qui viennent structurer quelque peu le vide des grands espaces du nouveau Palais. Le fini impeccable de la peinture blanche et matte de l’ensemble et la forme unique des colonnes alvéolées qui strient la verrière multicolore ont permis aux architectes de donner à l’intérieur de l’édifice un style aussi simple et novateur que ce qu’on peut voir à l’extérieur. La taille impressionnante des salles a également été rendue possible grâce à l’utilisation de longues fermes d’acier, dont deux fermes maîtresses de 11700 mm d’épaisseur. L’utilisation de l’acier comme matériau privilégié pour la superstructure de l’agrandissement du Palais aura ainsi permis de réduire grandement le nombre de colonnes nécessaires et de concevoir des salles gigantesques à l’espace ininterrompu qui contribuent à l’atmosphère si particulière des nouvelles parties du Palais.

Au-delà de toutes les interprétations que l’on peut donner à l’approche architecturale du nouveau Palais, force est de reconnaître que le nouveau style n’est pas des plus accessibles. Comme certains ont pu le dire du Centre Georges Pompidou à Paris, il n’est pas impossible que la direction artistique ait été influencée au moins autant par le désir des architectes d’innover et de se faire plaisir que par les besoins des utilisateurs. Toutefois, dans le cadre d’un Palais des Congrès à vocation internationaliste, il était important, comme l’a expliqué Michel Languedoc, de se distinguer clairement des autres centres de conférences Nord-américains en faisant valoir la créativité artistique généralement associée à la métropole québécoise. Et de ce côté-là, c’est plutôt réussi comme en témoigne par exemple le jardin d’arbres plastiques roses bonbon conçu par l’architecte paysagiste Claude Cormier. Après tout, lorsqu’un architecte a la chance de pouvoir joindre l’utile à l’agréable, il aurait tort de s’en priver !

 
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