Bien que construite dans les années 60, la célèbre
arche de St. Louis constitue toujours un exemple remarquable
d'architecture moderne. S'élevant sur près de
200 mètres, cette grande porte au design simple mais
ambitieux célèbre la conquête de l'ouest
par les pionniers américains.
Bien que l'emplacement du monument commémoratif ait
été sélectionné par le gouvernement
américain dès 1935, il aura fallu attendre la
fin de la guerre pour qu'un jeune architecte originaire
de Finlande du nom de Eero Saarinen séduise
les membres du jury du concours d'architecture organisé
par le Jefferson National Expansion Memorial Association avec
sa vision d'une grande arche donnant sur l'ouest américain.
Pour cet architecte de 27 ans qui avait collaboré avec
son père sur plusieurs projets, ce concours représentait
une chance unique de faire ses preuves. Les quelques projets
sur lesquels il avait travaillé pour le compte de la
firme de son père lui avaient déjà permis
d'acquérir la réputation d'un architecte peu respectueux
des idées préconçues.
Eero saisit cette chance d'exprimer sa philosophie personnelle
en concevant un monument dédié non seulement à
Thomas Jefferson et à la nation, mais également
à l'âge moderne. Son plus grand souci était
de "créer un monument dont la signification transcenderait
les époques et qui en même temps pourrait
être un témoignage de notre temps." Il ne
pouvait s'agir "ni d'un obélisque, ni d'une boîte
rectangulaire, ni d'un dôme." En revanche, "au
bord de la rivière Mississippi, une grande arche semblait
convenir parfaitement." L'arche devait s'élever
majestueusement en lignes harmonieuses vers les cieux avant
de revenir toucher terre. |
Cette approche
visionnaire pour l'époque qui permit au jeune
architecte de remporter le concours national représentait
un véritable défi technique. Ce projet donna ainsi
l'occasion aux ingénieurs de s'illustrer en créant
la première structure tubulaire de ce type dans l'histoire
du pays. Dès le départ, Eero envisageait de construire
une Arche en acier. Il demanda très tôt à
Fred Severud d'étudier la faisabilité du projet
d'un point de vue technique démontrant une fois de plus
l'importance d'une collaboration étroite et précoce
entre différents corps de métier pour la réussite
d'un projet.
Au final, la décision fut prise de construire sur une
fondation en béton armé de 20 mètres de
profondeur une structure triangulaire formé d'acier blanc
inoxydable à l'extérieur et d'acier carboné
à l'intérieur. Afin d'assurer la stabilité
de la structure, l'intérieur des deux colonnes de l'arche
fut rempli de béton sur les 100 premiers mètres
tandis que la partie supérieure de l'arche fut construite
avec de l'acier rigidifié. L'acier remplit ainsi une
double fonction. Sa légèreté (5 199 tonnes
contre 38 107 tonnes pour le béton) a permis de minimiser
la charge sur l'ensemble de la structure et ainsi d'obtenir
des formes plus élancées. L'aspect
lissé et brillant de l'acier blanc inoxydable donne également
à l'arche son apparence extérieure si caractéristique.
L'arche de St. Louis fut sans aucun doute le succès
le plus retentissant d'Eero Saarinen. En restant fidèle
à sa vision et en cherchant à repousser toujours
plus loin les limites des matériaux de construction à
sa disposition, cet architecte hors du commun a su concevoir
un des monuments les plus impressionnants en Amérique
du Nord. |