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Vous avez écrit un jour que, pour des raisons pratiques et économiques, certains fabricants raccourcissent parfois les ailes saillantes d’un assemblage de cisaillement à cornière jumelée pour faciliter l’ajustement avec des poteaux à petites sections. Cela a-t-il été vérifié? – M.R.
Oui, et les résultats semblent indiquer que la capacité de charge de ces assemblages est suffisante. La seule interrogation restante était de savoir si la capacité de rotation serait suffisante en raison du bras de levier raccourci. Vous vous souvenez peut-être que j’étais quelque peu surprise d’apprendre par un ingénieur que ce type d’assemblage était souvent proposé par les fabricants. Après une brève enquête, il s’avère en effet que cette pratique est répandue dans certaines régions : soit les fabricants raccourcissent les ailes saillantes et utilisent des soudures d’angle, soit ils utilisent des soudures sur chanfrein avec des cornières complètes lorsque la largeur de paroi du poteau est étroite (152 mm ou moins). Un projet de recherche a donc été proposé et Yanglin Gong de Lakehead University a reçu une bourse de la Fondation pour la formation en charpentes d’acier pour effectuer ce projet. Les résultats de ces travaux ont confirmé que, malgré une diminution de la capacité de rotation, les douze assemblages à pleine échelle testés ont été en mesure de subir la rotation requise. Autrement dit, les assemblages ont atteint leur résistance au cisaillement sans défaillance prématurée, même si le raccourcissement des ailes saillantes a entraîné une réduction de la capacité de rotation.
Plus précisément, les résultats de la recherche montrent que les pratiques consistant soit à raccourcir les ailes saillantes, soit à utiliser des soudures sur chanfrein sont toutes deux acceptables pour les assemblages de cisaillement à cornière jumelée lorsque (1) la longueur des ailes saillantes est supérieure ou égale à 30 mm; (2) l’épaisseur de la cornière se situe entre 6,4 mm et 9,5 mm; (3) le nombre de boulons utilisés est inférieur ou égal à six, et (4) que les cornières présentent deux retours d’extrémité pour les soudures d’angle et pas de retour d’extrémité pour les soudures sur chanfrein. Pour plus de détails, voir la page de résumé sur le site Web de la FFCA ou lisez l’article du journal de la SCGC : www.ssef-ffca.ca/research/gong
-- Sylvie Boulanger
Cette question est apparue dans la rubrique "Les conseils de Dre Sylvie" de la revue Avantage Acier no 36.
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